Avez-vous déjà entendu parler de la Gambie? Moi, pratiquement pas, avant de débarquer du navire. Pourtant, il y a tant à en dire. Je passe donc un jour sur l’île Sainte-Marie, où se trouve Banjul, la capitale de la Gambie. Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, ceinturé par le Sénégal, possède 65 kilomètres de côtes donnant sur l’Atlantique, à la jonction du fleuve Gambie, et 170 kilomètres à l’intérieur des terres.


Son histoire en bref
Colonisée par les Anglais au début 1800 pour y construire une base militaire, la Gambie est devenue une république en 1970. Le pays reçoit beaucoup d’immigrants africains attirés par la démocratie et la liberté de religion (65 % sont musulmans et 35 %, chrétiens). La population nationale frise les 2,4 millions de personnes et Banjul en compte 495 000. De l’herbe recouvre les toits de la plupart des maisons pour que ce soit viable de février à avril, où les températures surpassent souvent 32 degrés. L’économie est soutenue par l’exportation d’arachides et de produits de la pêche. La capitale est plus propre que Dakar au Sénégal, et à première vue, il y a moins d’hommes qui végètent au centre-ville. On y parle l’anglais et huit ethnies composent le pays.



La faune et la flore
Plusieurs animaux vivent en liberté en Gambie : antilopes, hippopotames, chèvres, gazelles, ânes, et beaucoup, beaucoup de singes. Dans la forêt culturelle de Kamasutu, je rencontre plusieurs familles de babouins. S’ils n’ont pas peur des humains, il faut s’abstenir de les dévisager, car certains peuvent devenir agressifs, surtout les adultes. Il faut les voir se regrouper autour des ânes qui viennent de recevoir leur nourriture. Spectacle très impressionnant : un babouin énervé saute et crie sur le capot d’une voiture, comme pour donner le coup d’assaut; ses congénères accourent de tous les côtés pour tenter de voler la nourriture. Les ânes, quant à eux, braient à fendre l’âme en courant à leur tour pour effrayer les intrus. Je me tiens à l’écart, par prudence.




Sur un ruisseau bordant cette même forêt, des mangroves cachent des crocodiles. Cette végétation est constituée d’arbres et d’arbustes qui poussent dans un mélange d’eau douce et d’eau de mer. À bord d’un canot, je peux calmement observer quelques-unes des 500 espèces d’oiseaux, dont des hérons, et entendre les singes crier. Heureusement que le bruit des gens autour fait fuir les crocodiles…








Un guide nous apprend que cette forêt protégée fait vivre les villageois en attirant les touristes. La zone forestière les nourrit et les soigne aussi grâce aux plantes et aux arbres qui y poussent. Les termites y ont élu domicile et leur nid peut faire jusqu’à quatre mètres de hauteur. Le nid se construit en haut d’une source d’eau. La reine des termites peut pondre environ 1 000 œufs par semaine.








Au fil de notre promenade de deux heures en forêt, notre guide nous montre des eucalyptus, des ébéniers, des baobabs. J’assiste aussi à une démonstration d’un villageois qui grimpe, pieds nus, jusqu’au sommet d’un long palmier pour recueillir sa sève, qui nous a ensuite été servie comme apéro. Ne riez pas, cet alcool frais, sitôt récolté, est sucré et délicieux. Quelques minutes après la récolte, l’alcool devient plus fort, perd son goût sucré et fait tourner les têtes.


Après notre retour au camp, je déguste un bon repas typiquement gambien, fait de poulet apprêté, de poisson (aïe les arêtes!) et d’une variété de riz et de légumes cuits dans de grosses cuves de terre cuite, à l’extérieur. Ses effluves attirent les babouins, ce qui est excellent pour ma prise de photos. Un jeune babouin mâle hurle à la mort après sa sœur qui vient de lui piquer un pilon de poulet. Des souvenirs refont surface, tout à coup. L’humain ne descend-il pas des primates? Certains comportements sont semblables…









Visiteurs inattendus
Le soir venu, sur le pont arrière du navire, notre souper à la belle étoile s’avère… un vrai fiasco! D’immenses criquets volants, sortis de nulle part et voulant sûrement participer au repas, ont décidé d’atterrir près de nos assiettes. Il faut nous entendre crier, moi et ma voisine de table, quand ces affreux grillons rampent vers nous ou se faufilent sous la nappe! Et nos serveurs de rire à ne pouvoir s’arrêter! Et les hommes de partir à la chasse aux grosses bibites, tentant de les capturer avec un bol à l’envers… De toutes les créatures rencontrées en Gambie, ce sont celles-là qui me font le plus peur… et le plus rire!
