Destination Dakar? D’accord!

Je fais escale en Afrique de l’Ouest. Où? Au Sénégal, dans la ville de Dakar. Vous avez sûrement entendu parler de la célèbre course Paris-Dakar? Eh oui, c’est ici, dans ces dunes à proximité du lac Rose, que la course se terminait! Justement, l’une de nos aventures d’un jour promet une balade en 4×4 dans ce lieu mythique.

Tout d’abord, parlons température. Ici, il fait 50 degrés à l’ombre. Un vrai tombeau pour moi qui débarque tout juste du navire climatisé. L’humidité est à son maximum. Bienvenue au pays!

Je m’attendais à un certain chaos, et j’ai été servie. Un filet de pêche coincé au port retarde notre débarquement. Une fois dans l’autobus, j’expire tout le kérosène absorbé au port. Je respire enfin. Sur les routes, gens et véhicules vont et viennent, la circulation est dense. Je m’attendais à voir de la pauvreté, mais autant de déchets et de commerces itinérants bordant les rues, non. Pourtant, beaucoup flânent, des hommes surtout, cellulaire à la main. Je me demande bien sur quelles affaires ils travaillent. Et comment ils peuvent même se payer un cellulaire. Je me fie peut-être trop aux apparences et à mes préjugés. Une chose est sûre : je vois bien des chèvres et des vaches qui broutent ou cherchent de la nourriture parmi les ordures des humains.

À Dakar, on parle le wolof et le français, mais le président nouvellement élu âgé de 44 ans, Bassirou Diomaye Faye, veut abolir le français des écoles et le remplacer par l’anglais. Le gouvernement compte sur sa population jeune pour appuyer ses changements et s’attaquer à la corruption. Je lui souhaite bonne chance. Les mauvaises habitudes, c’est long à changer. J’ai parlé à un Sénégalais : il se montrait optimiste quant au succès futur du président à y arriver. Il ne faut pas tuer l’espoir.

L’agriculture occupe une place importante au Sénégal. On y cultive des noix de cajou, des arachides, du coton, des céréales comme le mil, le maïs et le riz. Les usines de transformation sont nombreuses en banlieue du centre-ville.

Danse et costumes

Évadons-nous pour quelques heures en zone rurale, à la découverte d’une petite communauté qui a accepté de nous recevoir et de nous montrer leur savoir-faire en musique et en danse. Munis de tam-tams, des musiciens commencent à jouer dès notre arrivée. Certains ont vraiment le sens du spectacle!

Contente que je parle le français et affichant un sourire plus blanc que blanc, une jeune fille du début de la vingtaine me lance, sans gêne : « Est-ce que tu m’invites chez toi? J’aimerais bien me trouver un mari blanc! » Ouf! J’ai pédalé pour changer de sujet…

Intéressant de découvrir les rites de la population rurale en compagnie des villageois. La cheffe du village, noix de coco sur la tête, remercie les touristes de leur présence à la « danse des femmes ». Ses seconds vont passer la quête, ce qui les aidera sûrement à faire vivre la communauté. Ici, pas de trottoir, les rues sont en roche ou en sable. Le luxe est évidemment absent, mais je sens cette unité au sein du peuple. Malheureusement, leur dépendance au tourisme est évidente; j’espère que les enfants ne retiendront pas que la quête est le seul moyen de subsistance pour leur famille. Toujours est-il que leur spectacle coloré et les visages fiers valaient le détour!

Le lac Rose

Ensuite, tour de Jeep autour du lac Retba, surnommé, pour cause, le lac Rose – un incontournable des touristes. Malgré l’avertissement d’un ami (gracias Harry!), je voulais quand même y aller pour constater la couleur par moi-même (mi cabeza dura). Le lac n’est effectivement plus rose, mais brunâtre. Une concentration de sel et de rayons de soleil, au milieu d’algues halophiles contenant un pigment rouge, serait à l’origine de la couleur rose. De fortes inondations (très rares dans la région), aggravées par les changements climatiques, ont, depuis 2022, fait changer sa couleur. Beaucoup de touristes se détournent maintenant de l’endroit, qui est presque désert. Dommage, car il a quand même beaucoup de charme.

Le confort n’est pas une caractéristique du 4×4 Land Rover 1960 au vécu exceptionnel! Ceux qui ont des maux de dos, s’abstenir! En une vingtaine de minutes, on a eu un pneu crevé et perdu le silencieux! Ah! L’expérience africaine… Mais je n’ai jamais vu un changement de pneu aussi rapide! Cinq minutes et c’était reparti sur le bord de l’océan Atlantique! L’esprit d’entraide et la débrouillardise viennent à bout de tout à Dakar.

Petite promenade sur la plage, où quelques vendeurs ambulants, sortis de nulle part, se sont installés en espérant nous vendre leur marchandise pendant le changement de pneu. La plage y est incroyable, je me serais bien saucée un peu… mais un événement inattendu s’est produit.

Pauvre tortue, on la voit, empêtrée dans un fil de pêche. J’aurais bien voulu voler à son secours, si j’avais eu un couteau.

Sitôt de retour au stationnement des jeeps, on nous prend en charge et nous dirige vers Chez Salim pour déguster des spécialités sénégalaises. Viandes, légumes, tout était bon! Ils auraient eu intérêt à enlever les arêtes du poisson, par contre… j’ai dû me résigner à laisser le morceau – pourtant délicieux – de côté dans mon assiette, tellement le poisson en était pourvu!

La ligne d’arrivée du circuit se trouvait ici. Le Paris-Dakar, tel qu’on l’a connu, a arrêté ses opérations en 2020. L’instabilité croissante dans la région africaine de l’Ouest et du Nord serait à l’origine de ce changement de cap. Depuis 2020, la course est organisée en Arabie saoudite.

Ma courte visite de Dakar, au Sénégal, m’aura montré diverses facettes de la population, de sa culture et de son art. J’aurais pourtant aimé la découvrir plus longuement.

Prochain arrêt : Banjul, en Gambie. Ne le manquez surtout pas!

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