Sans toi

Mon amie, tu as fini ta destinée sans avertissement. Un anévrisme au cerveau, toi pourtant pétante de santé.

Dimanche midi, ton dernier texto finissait par : « Oui il faut profiter de la vie. » Tu venais d’assister au décès de ta sœur. Le soir même, tu ne respirais plus par toi-même. Comment croire à un tel malheur? Les larmes de ta dernière semaine ont-elles pu déclencher une réaction désastreuse dans ton cerveau? Nul n’est devin. Mais je n’oublierai jamais tes derniers mots. Je n’oublierai jamais non plus que, trois semaines auparavant, tu avais fait quelques heures de route avec ton amoureux pour assister à mon party de fête. L’événement n’aurait pas été aussi joyeux sans ta présence et ta joie de vivre.

Toi si forte, si active, un projet n’attendait jamais l’autre. Tu aimais les voyages, comme moi; c’était l’un de nos sujets de discussion préférés. Tu avais rencontré l’homme de ta vie à 60 ans, après une si longue attente. Vous vous promettiez d’autres belles escapades à l’autre bout du monde. Pourtant, le destin en a décidé autrement. Mais la vie, c’est ça. Elle commence et se finit un jour. Personne n’est à l’abri.

Femme de cœur, tu aimais prendre soin des autres, de ta famille. Toujours joviale, tu mordais dans la vie à pleins poumons. Pour que tes poumons puissent te survivre un jour dans le corps d’un autre humain. C’était toi, ça. Donner une parcelle d’organe pour semer l’espoir chez une autre vie. Mais jamais tu n’aurais cru que tes organes serviraient non pas à 1 receveur, mais à 85! Ta bonne forme physique y a sûrement contribué.

Aujourd’hui, c’est fini, je n’entendrai plus ton rire si communicatif. Tu me manqueras. De là où tu es, prie pour ton fils et ton amoureux que tu as laissés derrière, ils ont besoin de force pour se relever. Aide ton autre sœur et ton frère aussi dont tu étais si proche.

Merci, mon amie, de m’avoir donné la confiance dont j’avais besoin à mes débuts en tant que rédactrice. Ces précieuses années de travail avec toi m’ont permis de développer mes talents et cette si belle amitié. Aujourd’hui, je poursuis mon chemin. Je sais qu’il sera parsemé de difficultés, mais aussi de grandes joies. Ainsi ira la vie sans toi. Tu m’as convaincue, en attendant ton prince, que les rêves se réalisent toujours à force de patience et quand on y croit.

À vous qui me lisez jusqu’au bout, merci d’être là à vous imprégner de mes états d’âme, vous me faites du bien. L’écriture et la perte de ma chère amie me font réfléchir et j’en viens à ce constat : il faut prendre le temps de vivre, de rire, de s’aimer, de découvrir, de s’arrêter pour remercier le ciel de ce que l’on a. Des dons que nous a faits la vie. Des talents uniques dont on a hérité. Mettons-les à profit pour faire du bien autour de nous. Créons-nous une communauté de gens sur lesquels on peut compter. Quand le malheur s’abattra, on aura au moins des épaules pour se consoler avant de poursuivre notre route sur terre.

La vie est trop courte pour s’enliser dans le chagrin. Alors, mordons dedans et profitons au maximum du temps présent!

Merci de m’avoir tenu la main sur une partie de ma route, Marie-Claire. À un de ces jours!

6 réflexions sur “Sans toi

  1. Nos pensées vous accompagnent et nous ressentons votre douleur et votre tristesse.À 60 ans, il est bien trop tôt pour quitter ce monde, et tes mots sont profonds et sincères. Nous vous souhaite à tous les deux le meilleur pour le voyage qui s’annonce.

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