Les bas et les hauts d’une pigiste

Au début de l’année 2020, j’ai commencé à me débattre comme une poule sans tête. Je revenais d’un voyage en Inde, aux Émirats Arabes unis, au Sri Lanka, à Oman, en Thaïlande et à Singapour. Dès mon débarquement, la COVID-19 et ses vagues en dents de scie ont frappé, tel un tsunami, sur le monde, qui s’est fermé. Elle a emporté mon père, un an après ma mère. Puis, mon chien de 13 ans est mort du cancer. Le chien de ma belle-mère s’est éteint aussi. Mes ex-beaux-parents, disparus aussi. J’ai pris en charge le déménagement dans un CHSLD d’un oncle sans enfants que j’aimais beaucoup. Il est aussi décédé quelques mois plus tard, me laissant désemparée devant sa succession. Je ne compte plus mes morts subies. Au travail, des urgences de plus en plus urgentes sont devenues ma nouvelle normalité. Et mon temps libre se comptait en secondes. En mode « survie », j’ai délaissé la rédaction d’articles de blogue.

Bref, du stress, j’en ai eu plus qu’assez. Pourtant, je n’ai pas flanché, grâce à Dieu, j’étais bien entourée. D’abord, par mon perroquet gris du Gabon. Avec ses imitations invraisemblables, il a eu le don de me requinquer par le rire. Mon homme, lui, en télétravail, était mon pilier. Fidèlement assis sur sa petite chaise de cuisine, branché à son écran et ses écouteurs, il dirigeait ses affaires avec flegme. Il me fascinait, car toujours en contrôle devant l’incompréhensible. Parfois, quand mes idées s’entremêlaient, je l’écoutais travailler, et ça me redonnait le courage de continuer. Alors là, ma tête, en bonne soldate-réviseure, disséquait, traduisait et rédigeait des phrases comme jamais, oubliant les aléas de ma vie.

On dit qu’après la pluie le beau temps. C’est vrai. L’année 2021 m’a apporté les deux plus merveilleuses créatures qu’il puisse exister : deux petits-enfants tout neufs. En 2022, une troisième merveille s’est ajoutée. Si j’aime être grand-mère? OH QUE OUI! C’est l’amour avec un grand A, l’amour pur, naïf et avoué! Je comprends maintenant tout le sens de « retomber en enfance ». Peut-être cela va-t-il de pair avec la sagesse, la ménopause ou mes rides en coin, je ne sais pas.

Toujours est-il qu’en espérant des jours meilleurs, les jours sont devenus meilleurs : ma charge de travail est revenue à un niveau décent, ma forme physique et mon moral se sont améliorés grâce à mes efforts d’entraînement, et ma créativité s’est remise à foisonner. J’ai recommencé à voyager : ouest du Canada, ouest de l’Europe, Australie (encore, eh oui!), Nouvelle-Zélande (allô la COVID!), Suisse (merci, cousine!). Courir le monde est un plaisir qui m’ouvre aux autres cultures et identités, me fait découvrir la vie animale et des paysages fabuleux et uniques. Cela active mes neurones en me sortant de ma zone de confort, ce qui est bénéfique pour ma santé mentale.

Aujourd’hui, le cycle de ma vie est reparti vers un certain état de béatitude. Munie d’une bonne dose d’optimisme, je dis adieu à ces années de tumulte et remercie le ciel de m’en être sortie à si bon compte. Vive le renouveau!

P.S. : Mon chiot de deux mois est mort récemment. Que diable…

Et vous, comment allez-vous vraiment? Avez-vous vécu des périodes difficiles ces dernières années? Qui et qu’est-ce qui vous a permis de vous en sortir?

2 réflexions sur “Les bas et les hauts d’une pigiste

  1. Coucou Lyne,

    Tes questions me donnent l’occasion de penser à mes moments faciles et plus difficiles des dernières années.

    Dans tous les cas, mon frère Léo, décédé à 21 ans, est mon ange gardien. Mes parents également décédés ont toujours été là pour écouter mes demandes et m’aider. Ce sont principalement ces 3 personnes que j’ai priés tous les soirs (et même encore aujourd’hui) pour m’encourager, me soutenir, me consoler et plus encore. Je les remercie ‘presque’ tous les soirs d’être présents pour moi et mes proches. J’ai aussi le bonheur d’avoir ma soeur Françoise comme grande amie et confidente.

    Même si la Vie ne m’a pas épargnée, je me considère chanceuse au total. Cette Vie est bonne pour moi et j’en remercie Dieu ‘presque’ tous les soirs également.

    Une enfance quand même heureuse. Un mariage a 21 ans avec un bon ‘chum’ car je pensais que personne ne pouvait vraiment m’aimer. Un divorce a 30 ans qui s’est bien passé. Une belle carrière comme courtier d’assurance, se terminant en étant D.G.; l’heureuse venue de mon fils Philippe à 36 ans, presque 3 ans à en profiter sans travailler à l’extérieur; l’acquisition de ma business a 39 ans; une autre séparation de couple décevante à 46 ans; la vente de la ‘grosse maison’ tellement d’entretien et l’achat de ma ‘petite maison’ juste à moi et Philippe ; le début de mes voyages de rêve en safari photo en Afrique et en catamaran dans les Iles Exumas. Le triste départ de mon fils (de 14 ans) pour demeurer avec son père à 51 ans. Dix ans de tentatives pour rencontrer l’homme de ma vie. Ma business qui n’a jamais cessé de progresser et qui m’a permis de travailler de la maison. Et finalement, la rencontre de François, l’homme de ma vie a 60 ans le 08-01-2015.

    La vente de ma business en 10-2019 qui s’est plus ou moins bien terminée. (avocat et réduction du prix de vente) mais bon, ce n’est que de l’argent. La santé et la paix sont plus important que tout.

    Et depuis, de nombreux voyages, on se gâte pas mal tous les deux pour se faire plaisir.

    On fait vie commune depuis décembre 2022, après la vente de ma ‘petite’ maison.

    À l’aube de mes 70 ans (ouf !) on se la coule douce François et moi. Du condo à Ste-Geneviève, on partage notre temps entre le chalet en Outaouais, la maison à Millar dans les Milles-Iles, le bateau à Guananoque et on prépare notre prochain voyage en Italie en autre sur le grand voilier Windsurf de 5 mats. Y’a pire quand même …. lol ….

    Et La Vie est bonne pour nous deux. Bien sur, j’aimerais voir et parler à mon fils plus souvent, mais bon, ça aussi viendra avec le temps. On a la santé et c’est primordial.

    Alors, je vais continuer de remercier La Vie pour tout ce qu’elle nous offre, sans oublier bien sur, notre ‘gang d’en haut’ qui veille sur nous.

    Voilà, merci Lyne de m’avoir donné cette occasion de me rappeler ma vie.

    xxx

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  2. Si ce billet de blogue a pu t’inspirer et te remémorer ta vie sans regrets et avec reconnaissance, tant mieux. Merci d’avoir partagé ton expérience. L’espoir est toujours gage de bonheur à long terme et nous en sommes la preuve. La vie est forte et nous pousse à nous accrocher à tous ces petits moments qu’on a tendance à oublier dans le feu de l’action. Le temps, c’est cet espace qu’il nous faut pour comprendre pourquoi nous sommes ici. Je te souhaite toute la douceur du monde…

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