Croisière en Alaska – L’ancrage

Quelle est la race de chien la plus populaire au monde? Quelle est la capitale de Djibouti? Ces questions types peuvent faire partie d’un Trivia sur les navires de croisière. C’est mon jeu préféré, qui améliore mes connaissances générales tout en m’amusant. Il y a aussi des Trivia sur la musique, les sports, les films, etc. Depuis le temps que je fais des croisières, je ne me suis jamais ennuyée à bord. Salle d’exercice, spa, piscines, présentations, jeux, danse, spectacles ne sont que quelques-uns des divertissements offerts. Ils varient selon la taille du navire, le profil des passagers et la compagnie de croisière. Relaxer devant un bon livre? Pas le temps pour ça! Dormir? Encore moins!

Les croisières en Alaska sont nombreuses et populaires du printemps à l’automne. Seul dénominateur commun des visiteurs? Aimer la nature. On ne va pas en Alaska comme on va dans les Caraïbes. Les attentes, mais les vêtements aussi sont différents. Après avoir vécu l’expérience de l’Antarctique en 2019, j’avais abaissé mon niveau d’enthousiasme avant de partir pour l’Alaska. Je ne voulais pas être déçue. Mais je l’ai été. Juste un peu. Je n’ai pas vu d’ours comme je l’espérais. Mais le reste… OH! Il est de taille.

L’or jaune et l’or noir

L’Alaska est riche en histoire. Au 20e siècle, le pétrole (or noir) était convoité aux environs d’Anchorage. La ville s’est développée autour de cette industrie. Les États-Unis ont acheté ce territoire de la Russie en 1867 pour sept millions de dollars, mais il est devenu un État des États-Unis seulement en 1959. L’or jaune, quant à lui, a connu sa ruée au Klondike au début des années 1880. Environ 40 000 prospecteurs s’y étaient établis, espérant devenir riches. Mais le rude climat hivernal en Alaska a fait mourir beaucoup d’hommes et de chevaux transportant des cargaisons. Le froid, la faim, la solitude, le manque de tout ainsi qu’une mauvaise préparation ont eu raison de la plupart d’entre eux. Aucune route de transport ne menait jusque dans les terres, tout était à construire. La prostitution était le métier le plus populaire de la région. Ce résumé ancre mon expérience en Alaska.

Une nuit à avoir froid dans le dos

Après un vol de 3,5 heures de Vancouver à Anchorage, il est préférable de rester une nuit à Anchorage et d’en profiter pour visiter la ville, car l’aéroport est à 4,5 heures en train du terminal de croisière. On peut faire le trajet en autobus en moins de temps, mais c’est moins agréable. Anchorage est la plus grande ville d’Alaska, avec près de 300 000 habitants. Attention si vous réservez une chambre! Évitez l’Historic Anchorage Hotel, à moins que vous aimiez les fantômes. Je ne blague pas (lisez plus loin). Par contre, c’est le moins cher (600 $ la nuit, petit-déj. inclus) et l’un des mieux cotés sur TridAdvisor pour un prix similaire. J’y ai passé la nuit.

Construit en 1914 et agrandi en 1932, l’hôtel a été témoin du meurtre irrésolu du chef de police Jack Sturgus en 1921. Depuis, des phénomènes étranges se produisent régulièrement, encore aujourd’hui. Les journaux ont publié beaucoup d’articles sur ces phénomènes au cours des ans. Les visiteurs peuvent même raconter leurs expériences effarantes dans un registre de fantômes à l’accueil. On parle de rideaux de douche qui bougent, de robinets qui coulent subitement, de télés qui s’allument, de courses d’enfants dans les couloirs, d’un enfant qui rit au pied du lit, de spectres le long des murs. Vous ne me croyez pas? Lisez ceci : Article du Today (en anglais seulement).

Wow! Pourquoi y être allée, alors? Par abus de confiance envers mon conjoint. Il trouve toujours de beaux hôtels à bons prix en consultant les sites de voyage. Dans ce cas-ci, il avait oublié de lire l’historique de l’endroit. J’ai appris la réputation de l’hôtel le lendemain seulement, au petit-déjeuner, en lisant de gros titres sur une vitrine de la salle à manger.

Heureusement que je partais le matin même! J’aurais dû me fier davantage à mon intuition : j’avais ressenti un malaise dès mon arrivée, tellement que j’avais le goût d’en ressortir aussitôt. J’ai plutôt écouté la voix de la raison de mon conjoint, et tout s’est finalement bien passé pour moi. Aucune activité surnaturelle n’est venue me hanter. Ouf! Tranche de vie en Alaska.

Vue de notre chambre du 3e étage, au bout du couloir

Une région à haut risque

Les tremblements de terre sont aussi un autre danger à Anchorage. La ville est située à la jonction de deux plaques tectoniques. En ce vendredi saint de 1964, un séisme de 9,2 à l’échelle de Richter a été enregistré, ce qui en fait le troisième en importance au monde. La rue que vous voyez à droite sur la photo ci-dessus avait été coupée complètement en deux, rabaissant une section de la rue par rapport à l’autre. Par miracle, peu de personnes y ont trouvé la mort, mais d’énormes dommages ont été répertoriés partout dans la ville. Un quartier de banlieue a perdu 10 maisons et a fait 6 morts; le lieu a été remplacé par une piste cyclable.

Premiers ours à nous accueillir au coin de la rue de notre hôtel
Celui-là est plus gigantesque.

Piloter pour servir

Petit tour en périphérie d’Anchorage jusqu’au petit aéroport et sur les plans d’eau, où l’on voit s’envoler des hydravions. D’autres avions ont des pneus « ballounes » pour atterrir sur des plages ou des galets.

En Alaska, 285 communautés éloignées sont desservies par hydravions ou hélicoptères, ce qui en fait des moyens de transport populaires. Chaque famille connaît un pilote et, souvent, les pilotes sont nombreux dans une même famille.

Certains pilotes travaillent pour l’Armée américaine, car la base militaire est à 20 minutes d’Anchorage. Il s’agit de la plus grosse base militaire des États-Unis, chargée de protéger le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Ici, j’ai capté l’image d’un jet qui passait au-dessus de nos têtes, en plein exercice. Il faut être vite sur la détente. Et quel bruit infernal!

Des activités variées

En ville, il y a quelques hôtels de luxe comme le Marriott ou le Sheraton, et un lot de boutiques de souvenir et de restaurants. J’ai bien aimé l’Orso pour l’originalité et le goût des plats italiens, ses prix raisonnables et son décor sympathique. Il faut réserver.

Crème soda maison

Visiter gratuitement un musée est possible à Anchorage, mais une fouille par des gardes nationaux est exécutée à l’entrée. Ils confisquent les armes le temps de la visite. À part l’exposition d’animaux, on peut aussi y visionner des films sur la flore et la faune, ou y acheter des souvenirs.

À vingt minutes de notre hôtel se trouve une petite rivière à saumons. Dans l’eau, j’y découvre un groupe de pêcheurs autochtones, et l’un d’eux accepte que je le prenne en photo avec un saumon King frais pêché de 32 livres. Belle prise!

Une journée à Anchorage passe vite, et si le soleil continue à me suivre, l’aventure en Alaska sera prometteuse. Je pars en train panoramique jusqu’à Seward, cinq heures plus loin, pour monter à bord du Celebrity Summit, le navire qui me nourrira pendant sept jours. Ne manquez pas la suite!

Photos prises dans le train…

4 réflexions sur “Croisière en Alaska – L’ancrage

  1. Magnifique reportage, bravo Lyne. La beauté des paysages et le côté historique des lieux, des époques et des explorateurs qui s’y sont rendus donnent le goût du voyage. Cet endroit semble épargné de la pollution atmosphérique. Est-ce que les changements climatiques sont visibles en Alaska?

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    1. Merci de ton commentaire, Lise. Pour répondre à ta question, oui, le réchauffement planétaire affecte énormément cette région en faisant fondre les glaciers. Sans être une scientifique, je te dirais, d’après mes sources, que cela contribue à l’élévation du niveau de l’eau, l’eau s’infiltre sous les glaciers et accélère encore plus leur fonte. De gros pans de glaciers se détachent en permanence, dans un torrent de vagues et de bruit. Les animaux doivent reculer vers le nord pour pouvoir assurer leur survie. Certaines espèces disparaissent. Au glacier Hubbard, les navires peuvent s’approcher de plus en plus des montagnes, choses qui ne se voyaient pas jusqu’à tout récemment, tellement la glace s’avançait dans l’eau. Le recul est visible de jour en jour. Les grands bouleversements de la Terre sont déjà commencés. Seule lueur d’espoir : les gens sont davantage conscientisés et des actions concrètes sont mises en place pour contrer les phénomènes néfastes. Déjà, les populations de baleines à bosse augmentent, par exemple. C’est encourageant. J’espère avoir répondu à ta question.

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