Bloguer pour se rappeler

Pourquoi bloguer? Cette question m’a été posée par une amie dernièrement. J’y ai bien réfléchi. J’ai créé bongocreations.com en 2012 (déjà 13 ans!), pour l’un de mes cours universitaires en communication. Merci à Claude Malaison pour m’avoir transmis ce savoir. Depuis, mon blogue est devenu un outil d’entreprise, à défaut d’avoir un site Web traditionnel qui me coûte cher. Mais sert-il davantage, en 2025, mon travail de traductrice-réviseure-rédactrice à la pige que mes buts personnels?

Qui est mon lectorat?

Il serait tentant de répondre que ce sont mes amis, mes connaissances, ma famille, mes clients. Eh bien non! Aucun nouveau client, à ma connaissance, ne s’est pointé grâce à mon blogue. Un peu décevant, quand même. Au mieux, il sert à entretenir les relations avec mes clients et à leur montrer mon authenticité. Selon les statistiques de visites de mon blogue, je ne connais pas la plupart de mes lecteurs. Ils proviennent d’un peu partout dans le monde : Canada, États-Unis, France, Chine, Suisse, Australie, etc. Surprenant? Pas tant que ça, finalement, puisque j’y relate surtout des expériences de voyage… qui restent incomplètes pour la plupart, par manque de temps. Google Translate aide les gens de langue étrangère à avoir une idée de ce que j’écris en français. Mes proches, quant à eux, connaissent mes déplacements et ont droit à un compte rendu de voyage dès mon retour au bercail (même s’ils ne veulent pas toujours l’entendre). Donc, pourquoi iraient-ils lire mes billets, si ce n’est que pour y voir quelques photos?

Pourquoi j’écris?

Cette question fondamentale touche une corde plus sensible. Pour autant que je m’en souvienne, l’écriture a toujours fait partie de mon ADN. En deuxième année du primaire, j’ai inventé ma première histoire, que j’ai conservée depuis. C’était le récit d’un prince qui tombait malade. Déjà, à sept ans, j’avais ce besoin de créer… un mélodrame. Et c’est cette même soif de créer qui me motive aujourd’hui, bien que j’essaie d’éviter les histoires qui m’empêchent de dormir. Ce besoin de communiquer est toujours présent, que ce soit une expérience vécue ou de mon cru. Quand des mots se bousculent dans ma tête, je dois les évacuer, comme un trop-plein, pour me sentir libérée. Parfois, ça donne quelque chose, parfois, c’est un fourbi. Des phrases éparses, qui ne se parlent pas. Des contenus sans fond ou sans fin. Peu importe. Après, ma tête est vide. Du moins… presque toujours. Il arrive, dans de rares cas, qu’une idée en fasse germer une autre, qui en fasse naître une autre, et une autre, et à force d’écrire, une histoire prend tournure. Cette manière d’écrire au pif m’arrive de moins en moins souvent, à cause de mes charges mentales. Il faut du temps libre pour créer. Ne pas penser au souper, au travail, au ménage, aux prochaines vacances, à m’inquiéter pour la famille. Un jour, peut-être, j’y parviendrai.

Me voilà qui déraille encore. Je n’ai toujours pas répondu à ma question : Pourquoi bloguer? Il consomme mon temps, mais j’écris pour mes lecteurs francophones du moment, pour ceux que je ne croiserai probablement jamais, mais qui savent que j’existe sur cette Terre. J’ose espérer qu’ils apprennent quelque chose, que ce soit sur moi, mon style d’humour ou de rédaction, ou sur mes pays visités. J’aime à penser qu’un jour, je ferai un amalgame de mes billets créatifs pour les léguer à ma progéniture. Un jour, mes petits-enfants ou arrière-petits-enfants me liront-ils? Verront-ils dans mes écrits à quel point j’ai aimé voyager, rencontrer des gens d’autres cultures et d’autres langues, écrire, photographier, communiquer mon savoir? Reconnaîtront-ils certains traits de caractère communs?

À la vitesse où se succèdent les nouvelles plateformes technologiques, rien ne prouve que mon blogue existera toujours dans quelques décennies. Pourvu que j’aie le temps de conserver mes articles avant que WordPress ne s’efface de la face du monde…

Après réflexion, je veux continuer de bloguer. Ça entretient mon esprit inventif, alerte, critique et aventureux, qui est insufflé d’une mission : participer à la mémoire de l’humanité.

6 réflexions sur “Bloguer pour se rappeler

  1. Écrire libère l’esprit. Écrire fait rêver. Écrire permet de nous exprimer, de raconter, d’expliquer, de dire, de créer, de se défouler , de rêver et ainsi de suite. On écrit pour soi avant tout même si on écrit pour que d’autres nous lisent. La satisfaction vient tout autant au fait d’écrire que d’être lu.
    La technologie évolue très vite et de nouvelles options s’ouvrent tandis que d’autres ont tendance à disparaître. Pour un plus vieux comme moi toutes innovations me dépassent un peu. Blogues, Balados , livres audio me laissent un peu perdu. Je demeure un fervent adepte du papier …
    Bref, continue d’écrire et à la question est-ce que tes écrits demeureront après toi? Qui sait et est e que la réponse doit vraiment influencer ton désir d’écrire?
    Une fois éteints, nos flammes ne brilleront plus pour nous . Alors brillons de notre vivant .
    Tu vois, je t’envie d’écrire . Il y a longtemps que je songe à le faire sans trouver le courage d’affronter la feuille et le crayon . Continue de combler ta passion et de partager tes expériences .
    Denis :o)
    Envoyé de mon iPhone

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    1. Merci pour ton commentaire, Denis. Tu as raison : il faut briller de notre vivant. Ma vie d’auteure ne fait que commencer. Tu dis que tu m’envies, mais pourquoi ne te lances-tu pas? J’ai toujours su que tu avais du talent pour l’écriture, toi aussi. Je ne pense pas que ça prend du courage, mais ça prend du temps et du silence autour de toi. Tu pourrais raconter tes expériences de pilote? Je suis sûre que tu en aurais long à dire. Tu aurais au moins une lectrice qui s’est toujours passionnée pour l’aviation… moi!

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  2. Il y a ceux qui écrivent, en ont besoin instamment comme de respirer et il y a ceux qui ont besoin de peindre, comme de respirer tout pareil. Et pourquoi ce besoin incessant ? Vouloir faire sortir constamment des mots ou des couleurs de notre tête, est ce pour simplement conjurer notre condition particulière d’Etre, enfermé dans un véhicule (notre corps) qui ne nous permet jamais d’être complètement sûr que nous ne sommes pas seuls ? En tout cas, je veux bien rester enfermée ainsi, si je peux continuer à m’évader, par la lecture des mots des autres, comme ici 🙏 par la simple perception de leur plaisir à écrire (pour moi et pour les autres)…et.effet kiss cool : moi ça me donne envie de sortir mes pinceaux … Alors merci de continuer d’écrire ( et par là même, d’entrenir ce cercle vertueux 🙂).

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  3. Bonjour Isabelle, merci de votre commentaire. Vous faites de belles choses à l’aquarelle, j’ai bien aimé vos récentes oeuvres de maisons et paysages, ainsi que le cadeau d’enfant. On partage notre amour de l’art, à ce que je vois. J’ai fait un peu de peinture à l’huile sur toile il y a quelques années, et je compte bien recommencer à peindre à ma retraite. On oublie complètement tout quand on peint. Je continuerai à écrire si vous continuez à peindre. Vos talents ne doivent pas rester cachés.

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  4. Quel beau texte! 💬

    J’ai essayé de répondre à la même question dernièrement. J’ai réalisé que je n’avais pas de réponse franche, mais qu’écrire me faisait du bien. Alors, je continue.

    J’ai l’intime conviction que les blogues survivront. Les gens reviendront vers les textes plus humains. Ils seront moins populaires et feront moins le « buzz », mais ils amèneront des échanges plus authentiques. Enfin, j’espère!

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    1. Merci, Lucie, pour ton commentaire. Je suis d’accord avec toi que les blogues suscitent des échanges plus authentiques, du moins sûrement plus que les autres médias sociaux, qui laissent paraître souvent le bon côté d’une personne, et non sa vraie nature. Tant qu’il y aura des gens qui liront, qui écriront sur des sujets qui leur plaisent et que ça leur fait du bien, n’est-ce pas suffisant comme raison de tenir un blogue? J’ai lu votre article sur l’overthinking, et j’ai eu un déclic. Écrire, c’est se vider l’esprit, libérer son cerveau de la rumination. On dort bien mieux par la suite.

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