Ralentir après la maladie

Je vivais comme si j’étais éternelle. Entre le travail, la famille, l’entretien de la maison, les animaux domestiques, les repas, les paiements de comptes et impôts, les voyages que je considérais à tort comme du repos, j’ai oublié l’essentiel : la santé. Quand tout va à toute allure, on s’attend à ce que notre corps et notre esprit suivent le rythme. C’est quand on perd la santé que tout notre monde s’écroule. Entrée dans la soixantaine depuis peu, je me sentais au sommet de ma forme. J’avais pris une vitesse de croisière accélérée et alarmante : entraînement cardio au moins trois fois par semaine, travail stressant depuis toujours, soucis familiaux (mes enfants ont beau être adultes, je m’inquiète toujours pour eux), temps de relaxation rarissime, chiot et perroquet nécessitant une surveillance et des soins constants, et ajoutez à cela les symptômes de ménopause (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, insomnie, prise de poids, douleurs articulaires, etc.).

Ma vie était un feu roulant de tâches inachevées, de listes de choses à faire dont je ne voyais jamais l’issue. Jusqu’à tout dernièrement. Malgré mon excellente forme physique, une bactérie a attaqué mes deux poumons, sans que mon système immunitaire ne puisse l’éradiquer. Diagnostic : pneumonie. De « femme capable de tout », je suis devenue une « loque humaine ». Bonne que pour rester au lit, dormir et me sentir essoufflée en permanence. Grosse toux et perte d’appétit étaient mon quotidien. Prise de premiers antibiotiques : résultats médiocres, la fièvre n’arrêtait pas. Après trois semaines d’épisodes de fièvre, prise de deuxièmes antibiotiques, plus forts. C’est là qu’une lueur d’espoir a pointé : la fièvre s’est arrêtée au bout de quatre jours, à une demi-journée d’une hospitalisation d’urgence. Affaiblie, à bout de souffle, j’ai senti l’appel de mon corps. Repos total! J’étais incapable de faire quoi que ce soit de mon ancienne réalité. Jour après jour, j’ai repris mon souffle vital, mais mon sort était entre les mains du destin. J’ai prié pour moi et mes proches. Dieu m’a entendue.

Aujourd’hui, 26 jours plus tard, j’ai ralenti. Je reprends le travail, mais à un rythme lent. Je commence à respirer. Mes signes vitaux sur ma montre sont redevenus normaux. Je ne suis pas sortie tout à fait de ma pneumonie et de ma torpeur, mais je sens que je vais y arriver, avec du repos. Je sais qu’il me reste des prises de conscience à faire : diminuer ma cadence de travail, écouter davantage mon corps et mon esprit et m’arrêter, quand j’en ressens le besoin, m’inquiéter moins pour les autres, m’accorder plus de doux moments en solitaire pour créer ou ne rien faire. La santé, c’est devenu ma priorité. Je n’attendrai plus de la perdre à nouveau avant de poser des gestes réparables. Mon temps étant compté sur Terre, je veux profiter au maximum des années (?) qu’il me reste pour faire ce que j’aime le plus au monde : voir grandir mes petits-enfants et entretenir mes amitiés et mes amours. L’avenir étant incertain, je vivrai pour ne jamais avoir de regrets.

Et vous, avez-vous vécu des moments difficiles qui vous ont obligés à vous prendre en main et à redéfinir vos priorités dans la vie?

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